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Pollution lumineuse ; des perturbations sur la faune

Comme s’il manquait une nouvelle sorte de pollution à la longue liste de celles qui existent déjà, la « pollution lumineuse » est une notion apparue relativement récemment. La pollution lumineuse c’est quoi ? C’est la fée electricité, le matériel d’éclairage et la demande de sécurité, le tout mélangé, ouvrant le champ des possibles et surtout celui de l’exagération et conduisant à une généralisation de l’éclairage urbain. L’attractivité des prix la nuit, étant le dernière barrière qui a cédé et ouvert la voie à l’apparition et à l’augmentation continue du halo lumineux. Il suffit de regarder le ciel la nuit pour s’en apercevoir, en ville et en agglomération impossible de voir les étoiles.

Cette luminescence nocturne généralisée est causée par l’éclairage émis en direction du ciel; lampadaires de rue, éclairage de monuments, parkings, zones industrielles mais aussi enseignes éclairées, spots et publicités, les éclairages sont partout et se comptent par million.

A part les astronomes, on pourrait supposer que cela ne dérange pas grand monde… mais il n’en est rien, la plupart des animaux nocturnes sont perturbés par ce phénomène. Les chauve souris, sont souvent cités en exemple. Mais d’autres espèces subissent ces phénomènes comme les oiseaux migrateurs dont le sens de l’orientation est en partie basé sur la perception du champ magnétique terrestre et la position des étoiles. Leur sens inné de ces phénomènes que l’homme est incapable de percevoir est largement perturbé par l’éclairage nocturne. A tel point que les oiseaux peuvent se perdre, mourir épuisés ou heurter les immeubles éclairés.

Une étude allemande récente plus particulièrement centrée sur la lumière polarisée vient confirmer cette observation. Elle montre que de nombreuses espèces dépendent de la lumière polarisée pour vivre. Cette lumière spéciale agit comme une sorte de “boussole céleste”, leur permettant de se déplacer, se nourrir, survivre et se reproduire. “les surfaces artificielles lisses et sombres, telles que les carrosseries métalliques des voitures, les routes, les façades d’immeubles en verre, les panneaux photovoltaïques ou les serres agricoles, polarisent fortement la lumière et ont tendance à être confondues avec des surfaces aquatiques. Il n’est ainsi pas rare de voir des libellules et d’autres insectes aquatiques pondre sur des voitures ou adopter comme territoire une portion de route.

Aujourd’hui la prise de conscience de ce phénomène progresse. Les aménageurs et les collectivités doivent certainement repenser l’éclairage urbain à l’aune de ce constat. Il est possible de réduire le halo lumineux sans assombrir les rues des grandes villes en commençant tout simplement par bannir les éclairages dirigés vers le ciel. Une mesure qui s’impose d’autant plus que tout cet éclairage représente une source de gâchis énergétique considérable.

Anne-Laurence Mazenq

Anne-Laurence Mazenq

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