Une nouvelle génération de biocarburants (rediffusion) | Ecolodio | podcasts écologie & environnement
La deuxième génération de biocarburants arrive en France : bonne nouvelle, elle n'a plus besoin de matières premières alimentaires pour sa production...

La France en passe de produire des biocarburants de 2ème génération ! Une bio-raffinerie a été inaugurée le 11 octobre près de Reims. C’est l’usine Futurol, établie à Pomacle. Pour l’instant, c’est une plateforme test. Sur 5 000 m2 vont être produits 180 000 litres par an d’éthanol, qui seront disponibles à la pompe seulement en 2020.

Cette usine se nourrit de paille, de tiges de roseau, de rondins de saule et de peupliers. On lui donne aussi à manger des copeaux de bois et des déchets agricoles, comme la pulpe de betterave ou la bagasse de canne à sucre.

Les matières premières utilisées sont diversifiées, et on y trouve par exemple des déchets agricoles, qui permettent à l’usine de s’approvisionner localement et en toute saison. C’est le point fort du processus.

Par contre, il y a bien sûr des inconvénients ; la sécheresse, par exemple, qui peut ruiner l’approvisionnement en paille pour une saison.

On parle de nouvelle génération de biocarburants parce que les premiers biocarburants étaient fabriqués à partir de matières organiques alimentaires : du maïs, du colza, ou de betteraves… Alors que les biocarburants 2ème Génération sont produits avec des matières premières non alimentaires : de la cellulose que l’on trouve dans le bois, les feuilles ou dans la paille.

Cette nouvelle génération est très attendue car le développement des agro-carburants de première génération serait responsable au niveau mondial à 70 pour cent de la hausse des prix du maïs, et à 40 pour cent de celle des graines de soja.

Problème : pour l’instant, le coût de production de ces biocarburants de 2ème génération est trop élevé. Il doit encore être divisé par deux pour rattraper les biocarburants de première génération. Ils doivent aussi être meilleurs en termes d’émissions de gaz à effets de serre, limiter leur consommation d’eau et d’énergie, et recycler les produits issus de la transformation.

D’autres projets dans ce secteur existent en France pour la production de biodiesel ou de biométhane : ils se nomment BioTfuel, Gaya ou Syndiese, et devraient voir le jour dans les deux années à venir. Car la concurrence fait rage, avec plus d’une centaine de sites pilotes, notamment aux Etats Unis.

L’Europe impose par une directive un objectif de 10 pour cent d’énergies renouvelables dans les transports en 2020. Il faudra bien que nos voitures se nourrissent d’agrocarburants pour atteindre ce chiffre. Le gouvernement français a annoncé mi-octobre l’installation d’un Observatoire des biocarburants. Il sera chargé de faire la police pour faire respecter la norme européenne de ces fameux 10 pour cents. Dans cette part, les biocarburants seront la plus importante des sources d’énergie renouvelables, avec le biogaz et l’électricité verte.

Jean-Brice Sénégas

Jean-Brice Sénégas

Responsable du secteur mobilité de Fréquence Terre

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