15 novembre 2018

Heureusement, les artisans de la défense de notre environnement, tellement en péril depuis deux ou trois décennies, n’ont pas de frontières ! Ainsi, c’est au Centre culturel d’une commune de la capitale de l’Europe que 1.200 personnes ont suivi la conférence du Français Jérémie Pichon, sur le thème : « Famille presque zéro déchet », avec comme slogan : « Osez le mode de vie durable qui fait du bien ».

Il expliqua que sa démarche débuta par un jeu familial (deux adultes et deux enfants) : « Pourquoi tant de plastique dans notre société ? Comment diminuer le volume de notre poubelle, en sachant que nous produisons une poubelle de déchets par semaine? Peut-on vivre sans poubelle ? »

La réponse globale fut sans équivoque : « L’année suivant ce triple questionnement, nous sommes tombés à une poubelle par mois, ensuite une tous les six mois, enfin, au bout de trois années, nous en sommes à peine à un grand bocal ! »

Bien sûr, ceci ne releva pas du miracle, mais d’un radical changement de paradigme.

Prises de conscience

Jérémie Pichon (Photo : MPP)

Un premier constat : en consommant autrement, chaque ménage peut diminuer l’impact carbone et, ce qui est appréciable, faire des économies financières.

Pour l’illustrer, Jérémie Pichon cita quelques informations marquantes : les océans reçoivent 200 kilos de déchets par seconde, les ¾ vont couler et étouffer les écosystèmes, 100.000 mammifères marins meurent chaque année d’ingestion de plastique et, certains déchets qui flottent, aboutissent sur les rives d’îles, parfois inhabitées, polluant ces endroits pour un long terme.

« Un danger du plastique, précisa-t-il, est dans sa composition, car il est chargé de perturbateurs endocriniens et quand il se fragmente en nanoplastiques, cette pollution devient quasiment irréversible et se retrouve dans notre alimentation. »

D’autre part, en France, quelque 135 incinérateurs brûlent les déchets à 900°, d’où pollution de l’air, alors que les résidus de cette combustion, le mâchefer, sont utilisés à 80% dans la construction de routes et, du coup, le sol de celles-ci est pollué pour des siècles.

Donc, quand nous disposons notre poubelle devant notre porte, certes, elle disparaît de notre vue, n’empêche, son contenu polluant subsiste.

« Pourquoi tant de déchets ? posa-t-il comme autre question fondamentale. Pourquoi notre système économique est-il essentiellement basé sur l’hyperconsommation ? Sans compter avec l’énergie déployée pour la production, l’exemple du tee-shirt est frappant à cet égard ! »

Le public resta médusé lorsqu’il apporta un complément d’information :

« En effet, il faut 800 litres d’eau pour produire un seul tee-shirt ! On ne laisse pas le temps à la planète de se régénérer, on vit à crédit, on achète plein d’objets, puis on les jette ! Le 5 mai fut le jour du dépassement de l’empreinte écologique de cette année 2018, soit cinq mois plus tôt qu’il y a quelques temps ! »

Diverses alternatives

 Alors, comment réagir face à cette catastrophe planétaire ? Jérémie Pichon proposa : « La seule alternative au plastique est le durable. Lors de tout achat, il y a lieu de se poser la question de son utilité réelle et indispensable, de sa possibilité de réparation, de recyclage… Chacun de nous peut réduire son empreinte écologique. »

Il cita quelques exemples :

Photo MPP

« Prenons l’emballage d’une motte de beurre. Il est composé d’un alliage d’aluminium et de plastique, donc impossibilité de recyclage. Dès lors, je me fournis chez le crémier avec mon récipient et, de la sorte, je n’encombre pas notre poubelle avec un déchet polluant. Et puis, l’avantage, est aussi d’avoir un contact privilégié avec le producteur.

Notre première étape fut donc de supprimer au maximum ce qui n’était pas indispensable, puis, on ne fréquenta plus les grandes surfaces et, par corollaire, ne soutenions plus les multinationales en privilégiant les maraîchers locaux, en achetant bio local et de saison, ensuite, on préféra effectuer des achats d’occasion ou de seconde main, en arrivant même à achalander ce type de marché ou de troc…

Sachets en tissu, récipients en verre, en céramique, en bois, en inox… sont encore recommandés dans notre concept de « Famille presque zéro déchet ». Dans la même optique, nous remplaçons l’eau de Javel par du vinaigre, du bicarbonate, le savon noir…, nous allons à la bibliothèque, à la ludothèque… »

Jérémie Pichon en arriva à la conclusion de ces gestes citoyens pour sauver la planète, mais aussi la santé de tous, en préconisant la réutilisation plutôt que le recyclage car, malgré tout, il requiert énormément d’énergie. Il évoqua aussi la modification de nos habitudes tout en disant que cela demandait de la patience, de la persévérance et de l’indulgence.

« L’achat effectué est un choix de société, une sorte de vote. La sobriété volontaire protège la planète ! » conclut-il.

https://www.famillezerodechet.com/

 

Marie-Paule Peuteman

Marie-Paule Peuteman

Marie-Paule PEUTEMAN. Formation de base d’infirmière, puis de psychothérapeute, le bien-être physique, mental, émotionnel, tant individuel que collectif, est, selon moi, un moteur de curiosité, d’apprentissage, de remise en question, de rencontre, de motivation et d’enthousiasme. Ma collaboration à Fréquence Terre-Écolodio consiste à partager cette approche dans un but d’amélioration et d’harmonisation, car, ensemble, il y a une multiplication des possibles pour davantage de créativité et de joie.

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