15 novembre 2018

Plus de 100 000 participants en France, des rassemblements de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans une centaine de pays, la marche pour le climat du samedi 8 septembre rappelle, aux chefs d’Etat de la planète, l’urgence à agir.

Cette journée d’action mondiale était prévue de longue date. Organisée par l’ONG 350.org, le mot d’ordre était “Rise fot Climate”, “Debout pour le climat”. Objectif : exiger des gouvernements, qu’ils agissent enfin sérieusement contre le dérèglement climatique, à trois mois de la COP 24. Plus de 850 actions ont émaillé cette journée sur tous les continents. De San Francisco à Bangkok, de Berlin à Sidney, De Tokyo à Abuja, les citoyens sont descendus dans la rue pour exiger des gouvernements de passer véritablement à l’action.

En France, cette journée a pris une résonance particulière, moins de deux semaines après la démission surprise de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Un appel citoyen a initié une marche en réaction à cette démission pour reprendre l’alerte lancée par le désormais ex-ministre. “Changer le système, pas le climat”. Le slogan a été repris un peu partout dans l’hexagone. Les banderoles en appellent à “la justice climatique” et à “stopper l’industrie fossile”.

“Les citoyens sont prêts à demander des comptes et des engagements aux élus qui nous entourent”, affirme Clémence Dubois, la responsable des campagnes de 350.org en France. “La société est en avance sur les gouvernements en matière d’écologie, estime de son côté le député européen EELV Yannick Jadot. Et pour l’économiste Maxime Combes d’Attac, “ce succès montre que le sursaut citoyen est là ! Il ne manque que le sursaut politique ! Selon lui, “des mesures courageuses et visionnaires doivent être imposées à des lobbys qui n’en veulent pas. Car en matière d’écologie, le ‘En même temps’ d’Emmanuel Macron ne fonctionne pas !” L’économiste plaide pour un abandon durable “des vieilles recettes libérales et productivistes qui aggravent la situation”. Il préfère “soutenir les voies alternatives qui s’expérimentent déjà”.

La transformation de la société n’est “pas une utopie”

Cette marche pour le climat est intervenue aussi quelques jours avant le Sommet mondial d’action pour le climat qui se tient cette semaine, du 12 au 14 septembre à San Francisco. Ce sommet rassemble tous les grands acteurs internationaux non-étatiques pour définir de nouvelles ambitions pour la planète.

Clémence Dubois, de l’association 350.org le rappelle, “on ne peut pas se reposer uniquement sur les chefs d’Etat. La responsabilité de tous les décideurs est nécessaire pour changer d’échelle”. Société civile, collectivités locales, entreprises réunies à ce sommet souligneront l’urgence de la menace du changement climatique en mobilisant les voix et l’expérience citoyenne, dans des communautés déjà confrontées à des menaces réelles.

© Olivier Gollain

Au-delà de cet énième sommet mondial, les rassemblements de samedi interrogent les marcheurs de monde entier qui se sont mobilisés. Et maintenant, que fait-on ? Car l’enjeu est désormais d’inscrire ce sursaut citoyen dans la durée.

Indépendamment des Etats, les villes se sont récemment engagées. 23 villes et régions à travers le monde, dont Paris, ont pris l’engagement fin août de réduire de 50% d’ici 2030 leur volume de déchets incinérés ou mis en décharge.

Il faut passer “de l’incantation aux actes pour enfin se diriger vers une société sans carbone” ont de leur côté lancé 700 scientifiques dans un appel aux politiques publié samedi dernier par le journal Libération. Les discours sont insuffisants. Seuls des changements immédiats et des engagements de court terme, dans le cadre d’objectifs clairs et ambitieux à l’horizon 2030, peuvent nous permettre de relever le défi climatique”. Les scientifiques l’assurent :  la transformation en profondeur de la société “n’est pas une utopie”.

Prochain rendez-vous citoyen de grande ampleur : les 6 et 7 octobre à Bayonne, avec l’arrivée du Tout Alternatiba… Pour faire entendre la voix de la société civile, porter les alternatives et résistances qui fleurissent partout en France et lancer un appel à entamer dès maintenant la transition à partir des territoires.

Pour aller plus loin :

 

 

Philippe Boury

Philippe Boury

Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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