19 octobre 2018

“Un autre monde est nécessaire… Ensemble, il devient possible.” C’est le slogan du Forum social mondial qui se tient du 9 au 14 août à Montréal.

Initié en 2001 au Brésil, à Porto Alegre, cette 12ème édition espère rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes ayant un même souhait : construire un monde durable et solidaire, où chaque personne et chaque peuple a sa place et peut faire entendre sa voix.

Avec Marion Veber, en charge du programme “Droit des peuples” à la Fondation France Libertés et Nadja Bedock, chargée de mission “Eau-Bien commun”  à la Fondation France Libertés.

Ce Forum social Mondial est le plus grand rassemblement de la société civile dans le monde. C’est avant tout un espace de rencontre et d’échange de ceux qui proposent des alternatives au capitalisme effréné.

« Pour resituer un peu l’origine du Forum Social Mondial, il faut rappeler qu’il est né à l’initiative d’acteurs de la société civile essentiellement du Sud. A Porto Alegre, la société civile brésilienne était particulièrement impliquée dès le départ. Cela a été construit en opposition au système économique néolibéral, et en particulier en contestation du Forum économique mondial de Davos, et des institutions internationales comme l’OMC, le FMI, la banque Mondiale…

Le FSM, c’est plus qu’un espace de rencontre. Chaque année, c’est un processus permanent de dialogue entre les acteurs de la société civile internationale. Avec l’idée de contester la mondialisation telle qu’elle est aujourd’hui, avec ces conséquences parfois néfastes en termes de droit humain, de justice sociale et environnementale. Il s’agit aussi de proposer des alternatives concrètes, afin de ne pas être dans la simple contestation mais aussi dans la proposition. »

Quelles sont les grandes thématiques ou orientation qui seront abordées durant cette semaine ?

« Les thématiques sont à chaque fois extrêmement variées : l’économie, la démocratie… remettre le citoyen au cœur du débat politique… La lutte contre le racisme, la citoyenneté, l’immigration… Cette année, il y a 13 thématiques qui ont été dressées, mais avec deux sujets qui semblent un peu plus prioritaires. C’est la question des impacts environnementaux des activités économiques, et celle des peuples autochtones, très présents au Canada. L’une des particularités de cette édition, c’est qu’elle se déroule dans un pays du Nord alors que la totalité des FSM se sont passés au Sud. Cela a été particulièrement contesté, mais c’est une façon de déconstruire le concept de Nord et de Sud. Les questions se posent à tous et tous les acteurs ont leur mot à dire. »

Quelle sera la contribution de France Libertés lors de ce Forum ?

© France Libertés
© France Libertés

« Pour France Libertés, c’est un lieu et un moment important en termes d’information et de mobilisation de la société, mais aussi en termes de sensibilisation du grand public. Nous organisons une conférence « Extractivisme, eau et changement climatique : focus sur l’Amérique du Nord ». L’objectif est de traiter des enjeux essentiels dans notre travail au quotidien à la Fondation : les liens entre eau et changement climatique, et les interrelations le cycle de l’eau et le climat. Avec une question : comment les activités extractives vont venir perturber cet équilibre de l’eau et du climat et vont contribuer aux émissions de gaz à effet de serre.

Il nous semblait aussi important de traiter des impacts des activités extractives et du changement climatique sur les peuples autochtones d’Amérique du Nord, et de mettre en valeur les solutions et les alternatives possibles à l’extractivisme. Ces solutions sont proposées par la société civile mais également par les peuples autochtones du Canada. 

Pour nous, le Canada est un lieu essentiel de lutte contre l’extractivisme de par l’ampleur des activités extractives qui s’y déroulent ou qui sont en projet. C’est également un lieu de vie de nombreux peuples autochtones qui sont affectés par le changement climatique et par l’extractivisme. Ils ont des luttes très construites et très efficaces. Le Canada c’est aussi des lieux très importants pour l’équilibre climatique. C’est par exemple la forêt Boréale, l’une des dernières forêts vierges du monde, qui est touchée par l’exploitation des sables bitumeux. Il y a là un impact fort sur le climat puisque cela produit des émissions de gaz à effet de serre et cela perturbe le cycle de l’eau. »

Les alternatives proposées ne s’arrêtent pas à la semaine du Forum. Comment les travaux du FSM sont-ils pérennisés ?

« Durant le Forum Social Mondial, il y a des outils qui sont mis en place pour permettre la construction des mobilisations futures. Il y a la mise en place des assemblées de convergences. Ce sont des réunions stratégiques sur les grandes thématiques du FSM. Elles réunissent les principaux acteurs actifs sur cette thématique et définissent les plans d’action et les déclarations mettant en commun les grands principes et les grandes valeurs qui nous réunissent. Ce sont ces outils qui vont nous permettre de construire les mobilisations internationales et nationales. Et chacun s’en sert ensuite dans son pays ou dans son territoire.

Le FSM, c’est aussi un moment essentiel pour recharger les batteries des militants altermondialistes. Cela permet de rentrer riches de nouvelles rencontres et de nouvelles connaissances. Elles permettent de redynamiser les mobilisations pour la construction d’un monde plus juste. »

Pour aller plus loin :

 

 

 

 

Philippe Boury

Philippe Boury

Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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