21 octobre 2018

2017 devrait être une année capitale pour la planète. Si les États ont pris des engagements pour lutter contre le réchauffement climatique lors des deux dernières conférences environnementales, l’année qui s’ouvre laisse planer quelques incertitudes. En ce début d’année, prenons le temps de voir quels sont les défis à relever et les résistances à faire valoir.

Regardons d’abord dans le rétroviseur. 2016 a été l’année de la Cop 22, qui s’est tenue à Marrakech. La conférence devait donner du corps à l’Accord de Paris de 2015, ratifié par 111 pays. Est-ce que l’édition 2016 du sommet a tenu ses promesses ?

« Malheureusement non. On voit bien que les Etats sont en très grande difficultés pour passer à l’action. Cela a déjà été une épreuve incroyable de pouvoir signer un accord diplomatique à Paris en 2015. Mais on sent bien que, derrière cet accord diplomatique, il y a de très grandes difficultés pour les Etats de dire, je fais ça. Quand on met cela au regard du changement climatique lui-même, on se rend compte qu’il y a deux éléments qui ne fonctionnent pas à la même vitesse. C’est ce qui est inquiétant. 2016 a battu les records de températures qu’avaient déjà battu 2015 et 2014. En novembre et décembre 2016, on a eu des chiffres très inquiétants sur la reconstitution des glaces en Arctique et en Antarctique, avec des données que l’on n’avait jamais eu de l’histoire du climat. Ce que l’on peut garder de l’année 2016, c’est une accélération forte du changement climatique, et malheureusement, pas d’accélération forte de la part des Etats pour la mise en application concrète de l’Accord de Paris. Et avec l’élection de Donald Trump pendant cette Cop22, c’est un virage climato-sceptique qui arrive. Les nominations qui ont été faites à l’Agence environnementale américaine, ou bien le représentant des Affaires étrangères qui est le grand patron d’Exon, on voit bien que les signaux qui sont donnés aujourd’hui par le nouveau président américain ne nous emmènent pas vers un chemin d’accélération des actions de lutte contre le changement climatique. »

En fin d’année, la Suède a dit vouloir viser 100% d’énergie renouvelable en 2040 et envisage de supprimer totalement la taxe sur la production d’énergie solaire en 2017… Le Canada a de son côté  annoncé fin novembre vouloir fermer ses centrales au charbon d’ici 2030. D’autres avancées existent aussi ailleurs. Est-on sur la bonne voie ?

« Oui et non. Quand on voit le Canada qui veut fermer ses centrales au charbon mais qui continue les sables bitumineux à fond, cela n’a aucun sens. La Fondation France Libertés a lancé une petite carte de vœux en parlant de résistance. C’était le sujet de notre 30ème anniversaire en novembre dernier. Je pense qu’aujourd’hui, les sociétés civiles, les citoyens et les citoyennes, doivent se saisir de ces questions-là et dire à leurs Etats, c’est terminé. On ne peut plus mettre en œuvre nos économies, le fonctionnement de nos pays, de la façon dont ils étaient mis en œuvre au 19ème siècle. Les petits coups de pub que les Etats se donnent, ne sont rien au regard de ce qu’il faudrait faire aujourd’hui pour enrayer la machine du changement climatique et espérer préserver un climat sain pour les générations futures. Il ne faut pas tomber dans un emballement climatique qui pourrait nous emporter tous. Les citoyens doivent se saisir de ces questions-là et poser des ultimatums dans tous les pays pour faire en sorte que cette question soit le premier sujet. Quand on voit ce qui s’est passé en France lors de la primaire de la droite, aucun des candidats n’a réellement parlé de la lutte contre le changement climatique. Alors que cela devrait être la base de toutes les décisions politiques qui vont être prises dans les dix prochaines années. Il faut changer la donne. »

2017 c’est aussi l’année de la présidentielle en France. Nous verrons la semaine prochaine ce qu’il faut attendre, notamment, des candidats de gauche qui sont sur la ligne de départ, et quels sont les grands chantiers de la Fondation France Libertés.

En attendant, une belle année à France Libertés et aux auditeurs de Frequenceterre.

« Belle année à Frequenceterre avec l’espoir que 2017 nous apporte des choses positives. Il faut résister pour les construire. J’espère qu’on pourra le faire ensemble. »

Pour aller plus loin :

 

 

Philippe Boury

Philippe Boury

Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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